Avant d’aborder le dessin de restauration, un travail de documentation colossal a été mené sur le parc. Une recherche spécifique a porté sur les parcours et les différentes largeurs de voies. Des chemins ayant été ajoutés au fil du temps, il a fallu les dater précisément pour choisir entre suppression ou conservation avec requalification.
Le diagnostic sur l’état de conservation des rusticages (balustrades en ciment faux bois) a été particulièrement lourd. Il n’existe pas d’équivalent ailleurs. Une quantité incroyable d’éléments a dû être identifiée, nommée, diagnostiquée, puis traduite en un cahier des charges d’intervention pour leur restauration. Ce travail a été complexifié par les échanges avec les Architectes des bâtiments de France. Sur le rocaillage (escaliers, faux rochers), l’intervention a été plus simple, des travaux ayant déjà été menés sur le sujet.
Comment mettre aux normes, ou obtenir des dérogations, pour conserver des éléments historiques dans leur état ? Comment assurer la sécurité du public sans dénaturer les ouvrages ? Pour prévenir l’effet d’échelle, les balustrades le nécessitant ont été équipées de filets inox. Pour limiter les risques de chute, la végétation a parfois été utilisée comme mise à distance. Dans certains cas, d’autres dispositifs, comme des clôtures complémentaires, ont été ajoutés pour garantir la sécurité.
Autre défi : le lot plantation a été repris en régie, sur les limites d’intervention autour des circulations. La non‑maîtrise totale du sujet a nécessité de multiples allers‑retours avec de nombreux interlocuteurs, avec des limites d’intervention parfois floues entre entreprise et régie, entraînant des chevauchements.
Le projet a exigé un travail très fin pour définir un vocabulaire cohérent dans le choix des matériaux et des dimensions, et pour supprimer les trottoirs qui devaient correspondre aux usages actuels tout en s’inscrivant dans le langage historique du parc. Par exemple, les caniveaux doivent capter l’eau et dessiner un cheminement hydraulique sans recourir à des matériaux trop durs. Les pavés ont été retenus pour rappeler le rocaillage. Les ourlets de terre connexes aux cheminements, cachent les allées depuis les lointains. L’aboutissement des principes mis en œuvre pour la requalification a été un processus lent, issu de recherches et de concertations entre de nombreux acteurs, gage de réussite : aujourd’hui, le parc semble avoir toujours ressemblé à cela.