La ferme des Possibles à Stains
MG

Interview · À la rencontre de

LA FERME DES POSSIBLES

Mohamed GNABALY

Directeur et fondateur de NOVAEDIA

STAINS, 93

Date de l'interview

17 avril 2025

La Ferme des Possibles, îlot de nature au cœur d'une zone d’activités, est un projet d’intérêt général mêlant agriculture urbaine, inclusion et sensibilisation. Accueillant 4 000 visiteurs par an, scolaires, entreprises et habitants, elle combine production maraîchère biologique et accueil du public. Labellisée AB depuis 2015, elle valorise le réemploi, la biodiversité, l’équithérapie et s’inscrit dans une dynamique alimentaire locale avec Plaine Commune.

Quels sont les objectifs principaux de cet aménagement en termes de qualité de vie ?

Le projet de la Ferme des Possibles est reconnu d’intérêt général. Il accueille chaque année 4 000 visiteurs : des scolaires majoritairement de Stains et Saint-Denis, des centres socioculturels via des financements Politique de la Ville, ainsi que des entreprises pour des événements et des teambuildings. Le bâtiment, conçu par Archipel Zéro et Bellastock, attire aussi pour son architecture écoresponsable. Sur place, un restaurant sert 100 couverts par jour. Le terrain appartient au SIVOM. En 2013, NOVAEDIA, société coopérative issue de l’association Capitale Banlieue, signe un bail emphytéotique de 50 ans. Deux années d’études permettent de structurer progressivement le jardin. Une serre de 500 m² est installée dès 2014, marquant le démarrage du maraîchage. Le 25 novembre 2015, une grande inauguration est organisée : particuliers et entreprises parrainent la plantation de 650 arbres fruitiers et arbustes dans une approche d’agroforesterie. Un poulailler, des ruches et un jardin pédagogique complètent la ferme. Entre 2019 et 2020, le bâtiment principal est construit en 19 mois, avec deux mois d’arrêt liés au COVID. La même année, chevaux, poneys, moutons et lapins rejoignent le site. En 2021, la grande serre devient un espace événementiel. Aujourd’hui, 80 % du terrain est dédié au maraîchage et 20 % à l’accueil du public, qui représente 80 % du chiffre d’affaires. La ferme conjugue ainsi agriculture, inclusion et sensibilisation dans un équilibre vertueux.

Quels impacts écologiques cet aménagement vise-t-il à minimiser ou améliorer ?

LA FERME DES POSSIBLES est un incroyable îlot de fraîcheur au milieu d’une zone d’activités. C’est un lieu plein de beauté et de nature qui contraste grandement avec les alentours. Ce n’est pas pour rien que Malakoff Humanis est partenaire de la ferme pour l’accueil des jeunes retraités autour d’ateliers bien-être, nature ou alimentation. La ferme propose des paniers bio. Elle est labellisée AB depuis 2015. C’est un lieu de production d’une alimentation saine et locale, et un vecteur de sensibilisation à une bonne alimentation dans un département qui est fort touché par des problématiques de malbouffe engendrant obésité, diabète, maladies cardiovasculaires... NOVAEDIA s’est aussi associée avec d’autres acteurs du territoire travaillant autour de l’agriculture urbaine pour former une boucle alimentaire locale, chapeautée par Plaine Commune, le Territoire regroupant les villes d’Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L'Ile-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse dans le cadre de son plan alimentaire territorial. La ferme est un noyau de biodiversité incontesté. L’équipe sur place pratique l’équithérapie et l’accueil d’enfants porteurs de handicaps. Le lieu est engagé, solidaire et résolument tourné vers l’avenir.

Quels défis avez-vous rencontrés et comment les avez-vous surmontés ?

Monter un tiers-lieu sur un espace naturel en pleine zone d’activités a été un véritable parcours du combattant. Le PLUI ne permettait initialement aucune construction sur cette parcelle. Ce n’est qu’en reconnaissant le rôle de la Ferme des Possibles — lieu d’insertion par l’agriculture urbaine et espace de sensibilisation pour des publics vulnérables — que des dérogations ont été accordées. Cela a rendu possible l’implantation des bâtiments. On peut cependant regretter que les services d’urbanisme aient refusé d’adosser le bâtiment Résilience à l’entrepôt voisin, ce qui aurait permis une coupure visuelle efficace que nous tentons difficilement de recréer par la végétation. Dès 2015, bien avant que le réemploi ne soit une tendance forte, nous avons initié cette démarche. La placette a été réalisée avec des dalles de granit provenant des abords du Stade de France et des briques issues de la déconstruction de la Banque de France. Les contraintes réglementaires ont rendu le processus long et complexe, les matériaux passant difficilement du statut de "déchet" à celui de "ressource". Le chantier du bâtiment Résilience en 2019 a marqué une avancée : sa façade vitrée provient d’une école d’Épinay-sur-Seine, et d'autres matériaux sont eux aussi issus du réemploi. Malheureusement, certaines contraintes — notamment assurantielles — nous ont empêchés de réutiliser des tuiles. Aujourd’hui encore, les allées sont faites de pavés parisiens et la serre en cours utilise du bois donné par la SNCF. Ce lieu est la preuve qu’un autre modèle est possible, plus résilient, plus solidaire, plus respectueux.

Acteurs

Maîtrise d'ouvrage

Jardins : NOVAEDIA Bâtiment « Résilience » : Archipel Zéro et Bellastock

Maîtrise d'œuvre

Bâtiment « Résilience » : Archipel Zéro et Bellastock

Le projet

Date de réalisation

1 janvier 2014

Coût

Coût du bâtiment Résilience 4.100.000 euros HT

Superficie

1,3ha

Localisation

STAINS

93